Gottfried Wilhelm Leibniz

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Quand j’étais au lycée, je croyais que Leibniz était un philosophe sottement optimiste. J’avais lu Candide de Voltaire, et je croyais que la formule « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » venait de Leibniz. Mais il n’a jamais dit ça, d’ailleurs Voltaire ne le critiquait pas directement, mais dénonçait plutôt le fait que la métaphysique ne permettait pas de résoudre les problèmes de vie des gens.

Né en 1646 à Leipzig, Gottfried Wilhelm Leibniz affirmera avoir appris le latin tout seul (!). Docteur en droit, conseiller politique, il rencontre en France les grands savants de son époque lors d’une mission diplomatique censée convaincre Louis XIV d’envahir l’Egypte plutôt que l’Allemagne. Il se consacre alors aux mathématiques et invente le calcul infinitésimal, une nouvelle manière de faire des mathématiques qui aura des apports colossaux – notamment en physique. Il invente une des premières calculatrices mécaniques. En 1676 il rencontre Spinoza à La Haye, puis est nommé bibliothécaire à Hanovre. Il voyage beaucoup en Europe, et s’intéresse à la philosophie, la religion, l’histoire, la physique. Loin d’être un philosophe de second rang, il est le premier à poser la question « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » en ces termes. En physique, il introduit les concepts d’énergie cinétique, et de principe de moindre action.

En 1711, on l’accuse d’avoir plagié les travaux de Newton sur le calcul infinitésimal – et Leibniz est reconnu coupable, bien que ce fût démenti par les historiens par la suite – et il finit sa vie dans une légère disgrâce. Il meurt à Hanovre en 1716, et seul son secrétaire personnel assista à l’enterrement. Ni la Royal Society ni l’Académie Berlinoise des Sciences dont il était membre ne lui rendirent hommage. Il n’y eut aucune plaque sur sa tombe pendant plus de 50 ans.